bazar et cie
 

La photographe @renatapiress investi le @bazarlecafe et la Librairie du Palais comme des lieux extraits de leurs fonctions utilitaires. Le café et ses salons deviennent un espace de jeu où le mobilier est arpenté par l’artiste d’une manière peu conventionnelle : elle leur donne un autre usage que celui auquel ils sont destinés. La performance de son corps dans l’espace , marié au mobilier, démontre une recherche de l’association possible entre un corps vivant et un corps inerte. Est-ce une manière de donner vie à un espace censé la recevoir, et ainsi d’inverser les rapports homme – objet ?
L’artiste « déplie » les lieux : le processus qui opère à travers la mise en scène de soi par l’autoportrait déformé et caché est celui de la découverte d’un espace et d’une histoire qui s’y déroulerait. Comme dans un tableau figuratif qu’on observe d’abord, qu’on analyse ensuite et dont on comprend les symboles qui lui donnent du sens.
La présence bien réelle de l’artiste dans ses images est cependant voilée par l’absence de son visage, comme une présence fantomatique mais palpable. Renata Pires explore la performance comme un acte de dévoilement, de jeu, de reconnaissance d’un lieu commun (le café, la librairie), au service d’un dialogue qu’elle ouvre avec le spectateur.
Texte écrit par Constance Helmann-Herat, artiste et curatrice.